Pour un Québec qui redonne de la prévisibilité à ses entreprises et à sa relève

16 février 2026

Nos entrepreneurs sont préoccupés et découragés face aux changements récents apportés au Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

L’incertitude supplémentaire qu’ils créent pour les entreprises, et évidemment les travailleurs touchés, est un non-sens.

Les décisions gouvernementales des derniers mois, tant provinciales que fédérales, ont accru l’imprévisibilité dans un contexte où le besoin de stabilité est essentiel.

Des décisions récentes qui accentuent l’incertitude

L’abolition du PEQ a retiré un outil central de stabilité pour les employeurs et pour les travailleurs qualifiés. Jusqu’à récemment, un diplômé du Québec ou un travailleur cumulant deux ans d’expérience, répondant aux exigences linguistiques, pouvait planifier son avenir ici. Les entreprises pouvaient, elles aussi, anticiper leurs besoins, structurer leurs équipes et investir en conséquence.

Et c’est ce qu’ils ont fait.

Partout au Québec, les entreprises peinent à recruter et à stabiliser leurs équipes. Dans plusieurs régions, comme en Beauce, le plein emploi coexiste avec des postes essentiels non comblés, et en 2024, on ne comptait que 93 jeunes pour remplacer 100 départs à la retraite, ce qui fragilise la croissance des organisations. À cela s’ajoute une baisse démographique, qui est particulièrement marquée en Abitibi‑Témiscamingue, où les projections atteignent maintenant une diminution de 7 % d’ici 2051 avec les abolitions de programmes.

Avec l’introduction du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), le gouvernement du Québec a centralisé les demandes de résidence permanente dans un cadre unique.

Cependant, ce nouveau programme repose sur un système de points et de tirages au sort, ce qui introduit une part importante d’incertitude. Contrairement à l’ancien PEQ, il n’est plus possible de prévoir si un travailleur déjà intégré, déjà en emploi, pourra demeurer au Québec.

Pour la relève entrepreneuriale, ce manque de prévisibilité envoie un signal décourageant : comment bâtir, embaucher ou innover lorsque les règles changent soudainement et que les talents dont dépend l’entreprise risquent de devoir partir?

Rétablir la cohérence: une clause de droit acquis est nécessaire

Nous partageons la position des autres organisations économiques: toute personne qui répondait aux critères du PEQ avant son abolition devrait pouvoir déposer une demande selon les anciennes règles.

Il s’agit d’une mesure d’équité, mais aussi d’un impératif économique pour les entreprises qui ont besoin de stabilité pour honorer leurs contrats, planifier et retenir leurs talents.

Cette demande est d’autant plus pertinente que les premières données du PSTQ pour janvier font état de 2 549 invitations. Parmi les personnes invitées, 64,5 % sont des diplômés du Québec, 65,9 % résident hors de Montréal et de Laval et 32,7 % travaillent dans un secteur stratégique.

Ces résultats démontrent que de nombreux travailleurs déjà intégrés, souvent formés ici et établis en région, auraient été admissibles au PEQ avant son abolition. Une clause grand‑père devient donc essentielle pour éviter de déstabiliser des entreprises qui ont investi dans l’intégration, la formation et la rétention de ces travailleurs.

En conclusion, les entreprises particulièrement les plus jeunes et celles en expansion ont besoin d’un environnement prévisible pour investir, embaucher et contribuer pleinement à l’économie québécoise.

Nous invitons le gouvernement du Québec à rétablir un cadre clair et stable, condition essentielle pour soutenir nos organisations, renforcer l’attractivité du Québec et assurer sa prospérité.

 

*SIGNATAIRES

Pierre Graff, PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

Marie-Christine Lavoie, Directrice générale des Jeunes Professionnels & de la Chambre de Commerce et d’Industrie Nouvelle-Beauce

Jean-Simon Girard, VP jeunesse de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay Le Fjord

Mehdi Houhou, Président de la Jeune chambre de commerce algérienne du Canada

Laurence Girard, Directrice générale de la Jeune Chambre de commerce de Québec

Sarah Lachance, Coordonnatrice de l’Aile Jeunesse de la chambre de commerce de Saint-Georges

Jean-Russ Dufour et Marique Latreille, Président et Directrice générale de la Jeune Chambre de la Mauricie

Anne-Marie Lelièvre, PDG de la Chambre de commerce de Montréal Centre Sud Ouest

Nathalie Legault, Directrice générale de la Jeune Chambre de Victoriaville

Vanessa Bourdeau, Présidente de l’Aile jeunesse de la Rive-Sud

Matthieu Guilhem, Vice-président de la Jeune chambre de commerce de Laval

Zachary Côté, Directeur de la Jeune Chambre de Sherbrooke

Raphaël Delobbe, Président de la Jeune chambre de Rivière-du-Loup

Cloé Bouchard, Présidente du Comité Relève en affaires de Rouyn-Noranda

Pierre Berthiaume, PDG de l’Aile jeunesse et de la Chambre de commerce et d’industrie Les Moulins

Yasmina Aziki, Présidente du CA exécutif de la Jeune chambre marocaine du Québec

 

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