RJCCQ

CQCM | Semaine de la relève coopérative 2026

17 février 2026

 

La Semaine de la relève coopérative a lieu du 15 au 21 février 2026 sous la thématique « Soutenir une relève qui se connecte, qui coopère et qui crée ensemble ». C’est LA période pour t’inspirer, te connecter et faire entendre ta voix. C’est l’occasion de découvrir que les coopératives et les mutuelles ne sont pas seulement l’économie de demain, elles sont ton futur dès aujourd’hui.
Dans ce contexte, Pierre Graff a discuté des perspectives de carrières au sein du mouvement coopératif et mutualiste avec Marie-Josée Paquette, directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM).

 

Pierre Graff : Bonjour Marie-Josée! Pour commencer, dans quelle mesure le mouvement coopératif et mutualiste est intéressant pour les jeunes professionnels et la nouvelle génération? 

Marie-Josée Paquette : Bonjour Pierre et merci de nous offrir cette tribune! Pour répondre à ta question, on constate que plusieurs jeunes leaders cherchent du sens dans leur parcours professionnel. Le mouvement coopératif et mutualiste propose justement une façon d’entreprendre autrement, centrée sur les personnes et les retombées collectives.
J’ajouterais que dans une coopérative, la gouvernance est démocratique et les décisions sont prises en fonction des membres. On parle d’un modèle entrepreneurial qui combine performance économique et impact social. Cela attire particulièrement une génération qui veut contribuer à quelque chose de plus grand qu’elle. C’est une façon pour eux de s’impliquer comme citoyenne et citoyen dans un projet collectif qui porte au-delà de l’emploi. 

 

Pierre Graff : Quelles sont les perspectives de carrières dans le mouvement? Les secteurs d’activités, les milieux?

Marie-Josée Paquette : On retrouve des opportunités dans une grande variété de secteurs : finance, agriculture, services, ordres professionnels, construction, culture, énergie, forêt, tourisme, santé, technologie, économie sociale.  
Ce qui distingue les coopératives et les mutuelles, c’est qu’elles permettent souvent d’accéder plus rapidement à des espaces d’influence et de responsabilité, notamment en gouvernance. Comme la propriété et le pouvoir sont partagés entre les membres, il est possible de siéger à un conseil d’administration, de participer aux décisions stratégiques ou de contribuer activement aux grandes orientations de l’organisation à un stade relativement tôt dans son parcours dans le cas notamment des coopératives de travailleurs ou de solidarité. 
Les parcours ne sont pas toujours linéaires : on peut évoluer comme gestionnaire, conseiller, entrepreneur collectif ou encore administrateur engagé. Le modèle est plus horizontal, ce qui favorise la participation et le leadership partagé – avec, bien sûr, un cadre structuré. Au-delà du CV, ce sont surtout des personnes motivées par la collaboration, la participation et l’innovation sociale qui s’y épanouissent. 

 

Pierre Graff : Plusieurs jeunes dirigeants cherchent à concilier performance et valeurs. Comment les coopératives y arrivent-elles?

Marie-Josée Paquette : Les coopératives démontrent qu’il est possible d’allier rigueur économique et impact durable. Elles doivent être performantes pour survivre, mais leur succès se mesure aussi par leur contribution à leurs membres et à la collectivité. 
Les valeurs ne sont pas accessoires : elles font vivre les coopératives. Il est d’ailleurs peu probable de s’y engager pleinement si l’on n’y adhère pas. Cette cohérence attire des personnes qui se reconnaissent dans ces principes, ce qui renforce naturellement la mobilisation, la fidélisation et, par conséquent, la performance organisationnelle. 
Cette dualité entre performance et sens devient ainsi un véritable moteur d’engagement pour les équipes. 

 

Pierre Graff : Pourquoi est-ce important, selon vous, que les jeunes leaders découvrent ce modèle tôt dans leur parcours?

Marie-Josée Paquette : Parce que cela élargit leur horizon dès le départ. Trop souvent, l’entrepreneuriat est présenté uniquement sous un angle individuel, alors qu’il existe des formes collectives tout aussi ambitieuses et performantes. Découvrir le modèle coopératif tôt dans son parcours permet non seulement d’envisager d’autres façons d’entreprendre, mais aussi d’aligner plus rapidement sa carrière avec ses valeurs. 
Historiquement, le mouvement coopératif s’est aussi distingué par sa volonté d’offrir un travail décent, avec des conditions et des horaires favorisant une meilleure conciliation travail-famille. Pour une génération qui cherche du sens, de l’impact et un équilibre de vie cohérent avec ses aspirations, c’est une occasion précieuse de bâtir un leadership à la fois engagé, humain et durable. 

 

Pierre Graff : Comment le CQCM soutient-il concrètement la relève qui souhaite s’impliquer?

Marie-Josée Paquette : Nous travaillons à mieux faire connaître les emplois, les formations et les parcours dans le mouvement coopératif et mutualiste. Nous collaborons aussi avec des partenaires pour développer des initiatives qui facilitent l’accès à nos entreprises, que ce soit par le mentorat, des événements ou des outils de développement professionnel. On offre aussi la possibilité aux jeunes de s’impliquer dans l’un de nos nombreux comités, groupes de travail, jurys, etc. 

 

Pierre Graff : Quel rôle voyez-vous pour des organisations comme le RJCCQ dans cette démarche?

Marie-Josée Paquette : Un rôle clé. Le RJCCQ rassemble des jeunes leaders qui veulent avoir un impact. En créant des ponts entre le mouvement coopératif et les jeunes chambres de commerce, on peut multiplier les occasions de collaboration, d’innovation et de leadership responsable, tout en travaillant ensemble sur des enjeux communs qui touchent l’économie, la communauté et le développement durable. 

 

Pierre Graff : Si une personne lit cet article et se demande si le mouvement est fait pour elle, par où devrait-elle commencer?

Marie-Josée Paquette : Je lui dirais d’explorer, de poser des questions et de rencontrer des acteurs du milieu. Participer à un événement, suivre une formation ou simplement discuter avec une coopérative locale peut être un premier pas. L’important, c’est d’être curieux et ouvert aux nouvelles façons d’entreprendre. D’ailleurs, un module sur la coopération est intégré à la formation Administrateurs de la relève que vous offrez en mars prochain! Nous avons aussi créé une page pour découvrir les possibilités dans le mouvement : Et si le mouvement était fait pour toi?

 

Pierre Graff : En terminant, quel message aimeriez-vous adresser directement à la relève entrepreneuriale québécoise?

Marie-Josée Paquette : Osez envisager des modèles qui reflètent vos valeurs. Le leadership de demain sera collaboratif et engagé. Si vous cherchez à entreprendre tout en ayant un impact positif, le mouvement coopératif et mutualiste pourrait bien être un terrain d’avenir pour vous.